
[UN TOURNAGE À MONTIGNY]
« En été 1936, Jean Renoir souhaitait tourner un film qui puisse promouvoir Sylvia Bataille, jeune comédienne de 18 ans. Il lui propose des nouvelles de Maupassant , faciles à adapter. "Une partie de Campagne" est choisie. Jean Renoir commence le tournage en été 1936. Cependant, le film ne sortira qu'en 1946.
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La localisation du tournage en un lieu proche de Marlotte a facilité le travail de Renoir et a permis, en plus de collaborateurs familiers et de membres de sa famille (son neveu Claude, son fils Alain...), la participation des amis et des voisins qui apportèrent, une fois encore, un concours bénévole ou rétribué. Des Montignons se souviennent avoir participé ou assisté à ce tournage.
C'est aux familiers qu'il côtoie depuis longtemps qu'il demande de chercher des accessoires : l'ami d'enfance Paul Cézanne, fils du peintre, fournira par exemple les cigarettes d'époque.
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La préparation du film a lieu en mai et juin. Ce n'est pas une mince affaire, le tournage à la campagne multipliant les difficultés. Il faut tout prévoir pour que rien ne manque à la dernière minute (plus de 160 accessoires prévus ), la répartition entre Marlotte, Montigny et les studios où des "raccords" sont tournés ne doit pas être improvisée. De plus des grèves de l'industrie cinématographique retardent début du tournage de près d'un mois. Une huitaine de jours de travail sont prévus. Le premier tour de manivelle est donné le 27 juin après des essais le 25, sous la pluie, et le mois de juillet sera tout aussi pluvieux : les caprices du temps compliquent le tournage, les retards s'accumulent, et la tension monte. Seul le quart du travail prévu dans la semaine peut être réalisé. Le cinéaste su pourtant s'acharner pour que le film se fasse.
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Georges Bataille, mari de la comédienne, dont il est cependant séparé, fait une apparition et figure sous le costume d'un prêtre, incidents imprévus (Alain Renoir s'amuse à se tondre les cheveux à la veille d'interpréter son rôle !). Pourtant le travail se fait sérieusement, en prise de son direct, malgré la ligne de chemin de fer proche (il y avait moins de trains que de nos jours). Les trois premières journées sont consacrées, à mesure que l'on installe le décors, à des plans à l'intérieur de la maison, puis à la danse des balançoires. Du 30 juin au 2 juillet, c'est la conversation des canotiers. La fin, "dans l'île", est tournée le lendemain, jour où le ciel est lourd et plombé, sur la rive, en aval.
Du 7 au 12 juillet, on tourne sans arrêt, avec ou sans Renoir (qui participe à la marche pour la Paix de Vincennes le 9, alors qu'à Montigny ses assistants effectuent des dizaines de prises de vues) et, après 3 jours d'interruption pour la Fête Nationale, les scènes se succèdent jusqu'au 18 juillet. Renoir sait que les heures et les crédits sont comptés et il tourne souvent dans l'urgence, car les contretemps divers stimulent sa boulimie créatrice.
Après quelques derniers plans, chacun se tourne vers d'autres obligations. Renoir ayant du abandonner dès les mois d'Août, appelé par d'autres projets cinématographiques, les assistants Claude Heymann et Jacques Becker terminent des scènes sur l'eau, sans enthousiasme : ils sont persuadés qu'ils ne reverrons pas Renoir sur le tournage, les comédiens sont fatigués et des disputes ont lieu. Renoir, lors d'un rapide passage à Marlotte, engage une vive discussion avec Sylvie Bataille et l'arrêt définitif du tournage est décidé. »
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El artículo completo, en francés, aquí.
La discusión que hubo entre Jean Renoir y Sylvie Bataille giró, sin duda, en torno al trabajo. Pero fue el desamor de ella por él lo que precipitó el abandono del filme y su viaje a Estados Unidos. Poco después, Sylvie pasó de ser Bataille para convertirse en Lacan. La imagen en la que ella aparece (ver fotograma) diciendo toda su pasión sin palabras, -uno de los momentos más insoportablemente hermosos que el cine ha dado-, fue la imagen que Renoir obtuvo de su amor por ella, fue su regalo de amor. Amor no correspondido, imagen sin verso que fue, muy probablemente, la que sedujo a Jacques. Jacques Lacan.
« Si vous comprenez ce que je dis, c'est que je me suis mal exprimé »
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